Jeudi 28 août 2014

Village carte postale

Toute la nuit, l’horloge massive de l’église a sonné les heures à 2000 décibels. Nous nous demandons comment le voisinage supporte ce boucan. Les quarts d’heure sont sonnés et les heures sont sonnées … deux fois, une fois sur l’aigu, une fois sur le grave. Florian a entendu 23 heures, 2 heures, 4 heures, 6 heures et 7 heures. Elise 23 heures, 2 heures, 3 heures et 5 heures.

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Réveil difficile.

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Florian revient avec des croissants pour se remettre.

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Nous parcourons, le long du Rhin, les vallons, traversant une Suisse de carte postale.

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Sur la route, à l’heure du déjeuner, nous demandons difficilement où se trouve la prochaine épicerie (en fait nous disons supermarkt, mot facile à retenir en teuton). On nous donne une direction en indiquant drei minuten (trois minutes), un quart d’heure plus tard nous y sommes. La voiture ne cesse de fausser les appréciations des citadins qui sont incapables de nous indiquer une distance avec un peu d’exactitude.

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Enfin le lac de Constance pointe son nez, ou plutôt l’Untersee, le petit lac.

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Avec le temps ensoleillé qui nous chauffe le dos, nous nous arrêtons dans un camping-plage que nous croisons. Deux colonies ont disposé leurs tentes en cercle.

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Plongeons dans le lac, c’est plus chaud que le Rhin. Nous verrons plus tard que les douches sont payantes, une boîte où il faut glisser les pièces, donc ce bain fera office de lavage.

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En Allemagne ou en Suisse, beaucoup de places de barbecue libres sont disponibles. Nous en trouvons une à côté du club de canoë pur cuisiner notre omelette.

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Une colo squatte déjà le feu. Les ados, dont beaucoup semblent majeur, sont issus de multiples nationalités et résident en Suisse, le plus souvent avec des parcours de réfugiés si l’on en juge par leur nationalité (thibétaine, afghan, érythréenne, …).

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Tout ce petit monde s’exprime en allemand, ce qui nous permet de collectionner quelques mots dans la langue de Goethe. Sinon nous parlons beaucoup en anglais avec certains d’entre eux.

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Un des garçons, du moyen-orient, se présente dans un anglais hésitant : « I’m Adam, but I haven’t find my Eve » et une érythréenne et une libanaise de glousser en choeur.

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On dénonce que Florian parle un peu espagnol. Une sud-américaine se précipite pour pratiquer sa langue. Quand on est de langue natale française, qu’on essaie d’apprendre des expressions d’allemand depuis une semaine, qu’on parle anglais depuis une heure, difficile de se remettre à la langue de Cervantès. Le tout n’est pas d’apprendre une langue étrangère, ni même plusieurs, c’est d’en apprendre et de parler plusieurs langues étrangères … en même temps. Florian relève néanmoins le défi avec brio.

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